Littérature

Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 21:33

Vango… La seule évocation de ce titre prometteur me donnait des frissons d’impatience en vue de la sortie du tome 2, le tome final, l’achèvement d’une aventure.

Une fois le tome entre les mains, je l’ai dévoré, sans m’arrêter. Et je n’ai pas été déçue. Enfin, un peu.

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Nous avions donc quitté Vango en pleine action, seul, à la recherche de son passé, fuyant des poursuivants toujours plus nombreux, abandonnant amis et alliés. Et nous le retrouvons dans cette fuite.

 

« New York, 1936. Accroché au sommet des gratte-ciel, Vango poursuit l'homme qui a causé son malheur et détient le secret de sa naissance. Mais la fuite de Vango ne connaît pas de trêve. Quel est le chasseur et quelle est la proie ? L'amour d'Ethel survivra-t-il à tant de tempêtes ? A travers les forêts du Caucase, le ciel de Paris ou de l'Ecosse, ce second volume achève somptueusement la saga de Vango. Un héros inoubliable et romantique, une aventure haletante, envoûtante, poétique. Timothée de Fombelle signe à nouveau un grand roman, après le succès international de Tobie Lolness. »

 

Pour ce second tome, pas de grandes nouveautés j’ai envie de dire : toujours ce parfait mélange entre aventure, histoire et mystère. Toujours ces histoires qui s’entremêlent pour n’en faire qu’une seule. Toujours cette course contre l’inconnu. Et toujours ces lieux du monde décrits avec précision. Une recette renouvelée donc et avec succès. Le style de Timothée de Fombelle est sûr, affirmé, il sait nous entraîner dans la course de Vango, utilisant le vocabulaire juste pour nous plonger dans l’intrigue. Justesse, précision, incision nette, opération parfaite.

Mais, il faut l’avouer, c’est simpliste. Je l’avais déjà évoqué, je le redis encore plus pour ce second tome. Il n’a pas franchement de grands surprises (il y a de bons rebondissements tout de même hein). Nous savons qu’il y aura un happy-end, nous connaissons les personnages, ce qui va se passer. Cousu de fils blancs en quelque sorte. Et malgré cela, l’œuvre est superbe, laissez de côté votre déduction, vos interrogations et laissez vous emporter par Vango.

Timothée de Fombelle sait manier la poésie, le vocabulaire pour dessiner une trame complexe, riche en couleurs et sentiments. Le tome premier esquissait une aventure fantastique, le second tome achève la mise au propre et le tableau apparaît, certains le qualifieront de « chef d’œuvre ».

L’auteur nous invite à le suivre dans ses mots, ses phrases, si bien construites. Les personnages sont là, réalistes, essoufflés, nous le sommes avec eux. De Paris à New York, nous courrons, volons, nous survolons les actions. Les lettres forment alors des scènes qui nous prennent par la main et fait de nous les spectateurs. De l’ambiance légère, nous passons à la peur et l’attente, de la colère, nous passons à l’espoir, retenant notre souffle vers les prochaines lignes. Romantique poésie, parfaite écriture. Suivez Vango, volez.

 

Mais je dois avouer que j’ai été quelque peu déçue. Déjà parce que le tome reprend l’aventure en pleine action, nous sommes directement dans l’intrigue, sans préambule. Pour moi qui n’avait pas relu le tome 1 juste avant, me remettre dans l’histoire a été difficile. Plaisir un peu gâché. Ensuite, si dans le premier tome j’avais particulièrement aimé le fait que l’Histoire se mêle à l’histoire, je regrette pour cette seconde partie que ce soit moins flagrant, développé. Nous sommes certes dans une période bien définie de l’Histoire, années 1936-45, mais le contexte, l’appel aux faits et personnages historiques est moins présent. Du coup j’ai perdu ce petit plaisir là. Et enfin, mon grand regret tient de la fin. Il aurait sans doute fallu un troisième tome pour que l’auteur puise démêler tous les fils de l’intrigue et conduire à une fin développée. Là j’ai plutôt eu l’impression d’une fin collée au reste de l’histoire. On arrive au dénouement on ne sait pas trop comment, on retrouve des personnages qui n’avaient pas été évoqués depuis plusieurs chapitres, on ne sait pas d’où ils viennent ni comment ils en sont arrivés là. Un manque en somme.

 

En somme, j’ai aimé mais il y a eu un goût de manque. Manque de développement, d’intrigue. Peut être que si j’avais lu les deux tomes à la suite l’un de l’autre il n’y aurait pas eu cette impression.

Nous connaissons le passé de Vango, nous savons d’où il vient. Nous savons que tout fini bien. Nous savons que la guerre est finie. Et Timothée de Fombelle a l’élégance de nous laisser sur un cri, un appel qui nous rappelle encore à la lecture.

Un roman d’aventure, d’histoire, d’amour et de passion qui se lit, se partage, se rêve et se garde. Tout se tient dans la citation de Pascal, « Combien de royaumes nous ignorent ».

 

Auteur : Timothée de Fombelle

Titre : Vango

Type : aventure

Broché : 393 pages

Editeur : Gallimard Jeunesse

Année : 2011

Par Kakasha - Publié dans : Littérature
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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 22:10

La Communauté du Sud, Charlaine Harris

 

Je dois avouer une chose horrible : j’ai succombé à une série vampirique une nouvelle fois. La communauté du Sud, de Charlaine Harris. Rien que ça. De la bit-lit*, encore pire !

J’ai pensé faire une année sans vampire et puis finalement pour Madrid j’ai pris le tome 1 et j’ai continué…

 

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Il faut bien l’avouer, et je pense que nombreuses seront les personnes qui seront d’accord, ce n’est pas de la grande littérature, c’est même relativement mal écrit. Mais j’ai accroché, j’ai laissé avant la couverture mes a priori et mes critiques pour me laisser emporter dans la série. Si on veut arriver à en profiter, il faut faire ça, sinon c’est mort (ahah).

  

L’histoire se passe dans la petite communauté de Bon Temps, qui se situe non loin de la ville de Shreveport, dans l’État de Louisiane, et raconte le quotidien de Sookie Stackhouse serveuse dans un bar de Bon Temps (télépathe de son état) et sa rencontre avec des vampires. Ces vampires ont fait leur coming-out et vivent maintenant avec les autres citoyens (par là comprendre la nuit), ils boivent du sang de synthèse pour se nourrir (une rasade d’humain est de mise parfois), sont trop beaux trop forts trop mystérieux (ça vous rappelle une autre série ?). Et évidemment Sookie va tomber amoureuse de l’un d’eux, Bill. En gros, la trame c’est ça et par dessus se greffent des intrigues diverses et variées qui entraînent notre héroïne, son vamp’ de copain et d’autres dans de folles aventures desquelles ils sortent toujours vainqueurs.

 

J’ai lu d’une traite les trois premiers tomes. D’un avis à chaud, je dirais que ce n’est pas si mauvais que ça, ça se lit bien. C’est du au fait que le style soit simple et que tout s’enchaîne relativement rapidement. On est à la première personne, l’action est donc vécue directement et du point de vue de Sookie, ce qui permet de garder un certain mystère quant aux événements à venir et aux intentions des vampires. Cette action, en elle-même est tirée par les cheveux parfois. Mais comme souvent, je préfère me laisser emporter par le roman et ne pas me poser de question, quitte à relire pour être plus critique ensuite. C’est vrai qu’il y a une certaine dose d’incohérences, de détails qui passent à la trappe mais bon, ce n’est pas une série à lire pour la qualité. La thème et l’idée de vampires buvant du sang de synthèse, ayant une structure politique, vivant parmi les humains est bonne. L’ambiance est tout de même sympathique et intéressante. Connaître le fonctionnement des vampires, la façon dont ils vivent est amusant et Harris nous dévoile le tout progressivement au fur et à mesure du roman. J’ai bien aimé cette société où se mêlent humain et surnaturel même si elle n’est pas assez décrite. Il y a de l’idée !

Pour les « qualités », ce sera tout.

 

Niveau points négatifs, je dirais que c’est quand même une série mal écrite : les personnages sont superficiels, peu développés, inexpressifs. Prenez Sookie : blonde, forte poitrine, amoureuse, idiote. Bill : vampire, mystérieux, silencieux. Et basta, on repassera pour le caractère des personnages secondaires qui restent stéréotypés.

Mais le principal défaut c’est l’amour Sookie/Bill. Un amour niais, trop dit, trop décrit, qui se veut avec ses disputes et ses réconciliations mais sans succès. Un amour avec du sexe. Et le sexe, Charlaine Harris en est accro, elle en met partout, même quand ce n’est pas nécessaire. J’avais le choix, soit l’auteur était une blonde ressemblant à Sookie qui vit ça au quotidien, soit c’était une grosse vieille faisant passer ses fantasmes dans son roman : deuxième hypothèse juste. Limite ça gâche le texte parce que c’est trop. Même les personnages secondaires y ont droit (le frère qui collectionne les filles). Et puis le fameux triangle amoureux, ça faisait longtemps ! Non, non et non, stop à la fin !

 

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Charlaine Harris


Si on passe les scènes d’amour et de sexe, il ne reste pas grand chose : des intrigues bien minces, l’auteur essaye de mener une enquête policière mais ne sait pas comment s’y prendre pour l’écrire alors on joue sur la corde du hasard et du coup de chance (genre le lecteur ne va pas s’en apercevoir) et ça avance. Sookie en tant qu’héroïne super trop forte est évidemment celle qui va résoudre l’énigme en se trouvant au bon endroit au bon moment et qui va se prendre tous les coups (je vous spoil, elle se fait même violée par son Bill). Fun non ?

 

Bon j’arrête là la descente en flèche, j’ai bien aimé quand même et demain j’achète le tome 4.

 

Pour résumer, c’est de la bit-lit, donc on doit pas s'attendre à quelque chose d'exceptionnel, ce n'est pas de la grande littérature, ça va vite à lire, et j'ai passé un agréable moment à lire. C'est un moment de divertissement agréable, le genre de roman qui ne prend pas la tête, qui ne cherche pas de complications... et ce malgré quelques points noirs…

 

 

Auteur : Charlaine Harris

Titre : La Communauté du Sud, tomes 1 à 3

Catégorie : adulte

Broché

Editeur : J'ai Lu

Année : 2010

 

*La bit lit est un mélange du roman d'amour et de la Fantasy urbaine, lue par les jeunes filles. La bit lit se fait sur un univers fantastique contemporain, mêlant réalisme et créatures fantastiques comme les vampires, loups garous, démons, etc. Les histoires les plus répandues sont celles qui développent des relations romantiques entre humains et ces créatures.

Par Kakasha - Publié dans : Littérature
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 10:42

 

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Vango, Timothée de Fombelle 

 

 

"Paris, 1934. 

Devant Notre-Dame une poursuite s'engage au milieu de la foule. Le jeune Vango doit fuir. Fuir la police qui l'accuse, fuir les forces mystérieuses qui le traquent. Vango ne sait pas qui il est. Son passé cache de lourds secrets. Des îles siciliennes aux brouillards de l'Ecosse, tandis qu'enfle le bruit de la guerre, Vango cherche sa vérité."

 

Nouveau changement de style pour entamer 2011 sous un ciel loin des romans vampiriques et autres personnages fantastiques (ou presque).

Vango est un genre que je ne fréquente pas habituellement mais je n'ai pas regretté mon aventure.

 

 


Timothée de Fombelle signe là un roman d'aventure qui mêle une course poursuite à travers l'Europe et l'histoire. Nous courons avec Vango, jeune homme accusé à tord d'avoir commis un assassinat et poursuivi par de mystérieux hommes qui veulent le tuer sans qu'il sache pourquoi. Mais nous courons aussi à la recherche de son passé, de ce qu'il est véritablement, au fil des indices qui nous sont donnés progressivement.

Outre le personnage de Vango, d'autres « histoires » s'ajoutent, s'entrecroisent pour aider Vango ou lui mettre des bâtons dans les roues, chacune de ces interventions étant décisive pour l'avancée de l'histoire. Un peu trop même : tout est dit, donné, il y a au final assez peu de surprise quant aux personnages (attention je ne dis pas qu'on ne sera pas surpris) et l'histoire s'avère être de ce fait simpliste. Mais il n'en reste pas moins que tous les acteurs sont intéressants, intrigants et que nous voulons en savoir plus sur eux, un peu plus, encore un peu plus, tout savoir. Chaque étape apporte son lot de réponses mais aussi de nouvelles questions,

Dans la course poursuite qui s’engage, nous parcourons l’Europe, de la France à l’Angleterre, en passant par les îles Eoliennes et même plus loin, en Russie où se trament d’étranges complots contre notre héros. Timothée de Fombelle décrit avec talent et efficacité chacun des lieux visités, nous faisant ainsi monter sur scène et participer à l’action. D’autant que les personnages collent bien au décor, jouent parfaitement le rôle qui leur est donné. Et le fait que l'écriture alterne les lieux, les personnages mais aussi la temporalité (flash-back et action en cours) permet de ficeler l'intrigue, d'obtenir des réponses qui viennent du passé et  expliquent ce qui se passe. Tout est parfaitement en adéquation avec l’ensemble. Rien à dire, c’est bien écrit et prenant !

 

« Vango n'était pas un garçon comme les autres. Sa vie entière était un mystère. (') Il y a des gens sur terre dont on ne saura jamais ni d'où ils viennent, ni où ils vont. »

 

Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le côté historique du roman. Si l’intrigue est intéressante et nous entraîne avec elle, je n’ai pas accroché pour elle mais pour l’histoire. Nous sommes dans l’entre-deux guerre, période qui ne m’intéresse pas vraiment mais pour le coup, j’ai dévoré. Avec les personnages inventés, nous trouvons des personnages réels qui jouent leur propre rôle. Un mélange entre fiction et réalité donc. Pour ne citer qu’un exemple, mon préféré, je vous dirai que Hugo Eckener et son zeppelin ont réellement existés et avec ce caractère anti-nazi. J’avais totalement oublié le zeppelin et le retrouver dans cette œuvre a réveillé ma fascination pour cet engin volant que je trouve merveilleux, presque magique. Merci Timothée ! Vous en dire plus serait vous dévoiler le roman alors lisez, découvrez !

 

Pour finir, je dirai que c’est un ouvrage que j’ai aimé, peut être pas pour les mêmes raisons que tout le monde mais soit et que je conseille (d’ailleurs ma sœur a aimé aussi). Le style d’écriture est irréprochable, l’intrigue bien montée. Tout est savament dévoilé, pile quand il faut, on découvre une époque, des vertus d'amitié et d'amour patient mais aussi de l'action, du voyage et une bonne dose de complot. Un "James Bond" junior en somme !

J’attends le tome 2 avec impatience, pour connaître le mot de la fin, espérant qu’il ne tombe pas dans la facilité de la « saga » des Romanov… Mais chut !

 

Auteur : Timothée de Fombelle

Titre : Vango

Type : aventure

Catégorie : à partir de 13 ans

Broché : 370 pages

Editeur : Gallimard Jeunesse

Année : 2010

Par Kakasha - Publié dans : Littérature
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Lundi 6 décembre 2010 1 06 /12 /Déc /2010 18:04

Français je vous haime, Stephen Clarke

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« Les froggies vus par les rosbifs. Aucun des petits travers français n'échappe à la sagacité de Stephen Clarke, photos compromettantes et tableaux fallacieux à l'appui (soulignons toutefois que, dans un esprit de justice, l'auteur s'en prend avec la même verve à ses compatriotes). Bref, il nous faut bien l'admettre : si la critique est perfide, elle n'en est pas moins juste. Est-ce masochisme ou mégalomanie, le lecteur français s'en délecte et en redemande. »

Je sors un poil de mon habituelle littérature jeunesse pour m’engager dans les marais anglais. Une bonne pêche si on a le sens de l’humour, de soi surtout et du cynisme. Il est certains que les personnes sérieuses et susceptibles ne vont pas aimer.

Stephan Clarke est un anglais (comprendre rosbif) installé en France depuis une dizaine d’années. En 2004 il sort son premier roman A year in the Merde qu’il présente comme un guide de survie pour ses compatriotes en voyage à Paris et/ou en France, énorme succès en France mais aussi à l’étranger. Depuis il publie régulièrement des ouvrages sur les Français (dits aussi Froggies).

 

En 11 commandements, Stephen Clarke décrit ce qu’est un français : arrogance, hypocrisie, client roi, nourriture, femmes, amour, tout passe sous la loupe anglaise et est décortiqué. Je mets au défi quiconque d’arriver à démentir ce qui est dit ! D’ailleurs j’ai lu des critiques amères sur l’ouvrage, un poil de mauvaise foi sans doute…

Ainsi nous apprenons que nous voulons avoir toujours raison, que le monde est bien évidemment ligué contre nous (d’ailleurs la preuve suprême est que l’ennemi anglais a imposé sa langue à la place du français, où est donc Jeanne ?!), nous aimons le sexe au moins autant que la nourriture et que nos productions n’intéressent que nous. Petit exemple de commandement : « TU NE CHANTERAS PAS. Les Français croient dur comme fer que les paroles d'une chanson sont si essentielles que l'on n'a pas vraiment besoin de mélodie. L'exception culturelle joue aussi en matière cinématographique. Les films français ont tous le même scénario : les hommes aiment les femmes qui en aiment d'autres, puis ils finissent tous par dîner ensemble pour en discuter. »

Chaque commandement est commencé par une explication en gros traits du comportement français puis est suivi par des exemples concrets que l’auteur a vécu, le tout agrémenté de tableaux ou recommandation pour survivre en milieu hostile.

 

Le ton est toujours piquant, humoristique, il ne faut pas le prendre mal. Mais si parfois l’humour nous échappe, il faut lui pardonner, après tout il n’est qu’anglais ! Français je vous haime est à mes yeux plus léger que God save the France, plus amusant de par le format en commandements et les exemples pris, même si hors contexte une situation peut être nettement moins drôle que dans ses romans. Le style de l’auteur est léger, frais. Il adapte son langage à la situation : phrases courtes, termes savamment choisis pour léger de la place à l’humour et les titres sont « délicieusement » drôles.

Stephen Clarke nous donne ici une critique chahuteuse, un poil moqueuse mais tellement vrai que c’est à méditer au final. L’auteur ne nous loupe pas, tout y passe, même ce que l’on ne sait pas.Si parfois il est un peu caricatural, on ne peut pas lui en vouloir, c’est rare et à mon avis cela permet d’adoucir le propos pour certaines personnes qui ne riraient pas ou ne comprendrait pas que l’on peut rire de nous même. Et puis je suis sûre qu’au final il nous adore, pour nous dédier autant de livres, c’est même sûr ! Comme disent beaucoup de critiques : qui aime bien châtie bien. Après il faut voir comme les anglais le prennent. Parlant de ça, ce doit être intéressant de comparer la version anglaise et la version française....

Et vous, vous saviez que les feux passaient au rouge juste pour nous faire chier ? :D

 

Auteur : Stephen Clarke

Titre : Français je vous haime

Type : humour

Catégorie : tout âge  

Broché : 272 pages

Editeur : Robert Laffont et Pocket

Année : 2009

 

Par Kakasha - Publié dans : Littérature
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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 18:15

Mauvais délires, Sarah Cohen-Scali

 

Changement de registre, une nouvelle fois, je passe dans les nouvelles semi-fantastiques, une pointe d’angoissante en prime. Avec succès d’ailleurs.


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Résumé : « Au moment même où mes yeux allaient se fermer malgré moi, elle a surgi.
Une espèce de masse informe qui a déchiré le rideau de pluie et s'est jetée sur le capot de ma voiture. J'ai pilé sec. Pendant quelques secondes, le hurlement des freins a couvert le grondement du tonnerre. Après Mauvais Sang, ce nouveau recueil fantastique plonge le lecteur dans des univers où la frontière entre raison et folie disparaît, où l'horreur est au rendez-vous à chaque coin de rue... Huit nouvelles pour frissonner d'angoisse... »

 

Un adolescent à la recherche de sa mère, un savant génial qui invente la femme parfaite, des aides aux personnes âges pas tout à fait humains, un automobiliste pris en otage par une femme et son mari mourant, un homme plus jeune que son père, un malade qui refuse de se dévoiler, la possibilité d’effacer le passé : toutes ces nouvelles mêlent l’étrange et la réalité, la raison et la folie, le fantastique et le roman noir.

 

J’ai emprunté cet ouvrage un peu au hasard à la médiathèque, me disant que ça allait me changer, je ne le regrette pas. Dès les premières lignes, l’auteur nous entraîne dans son monde, un monde où l’étrange se mêle au quotidien et la fin nous surprend, toujours. Sceptique d’abord, me demandant pourquoi le personnage faisait une fixation sur une femme, je me suis ensuite demandé ce qui allait se passer, qu’est ce qu’elle pouvait bien avoir et j’étais été prise dans l’intrigue. Les nouvelles s’enchaînent, tantôt cyniques, tantôt allant vers l’horreur et d’autres fois, un lien se noue avec le personnage, on a envie de l’aider, de lui interdire de faire ce qu’il a dans la tête.

Sans que l’on puisse formuler ce sentiment qui nous prend, cette envie de savoir comment l’affaire va se terminer, on dévore le texte, bêtes curieuses que nous sommes. De « Fils », l’ado obsédé par une femme au tout jeune psychiatre qui se voit confier une patiente au visage voilé, les intrigues bien ficelées arrivent à convaincre sans jamais se répéter, la lassitude ne vient pas, on en redemande. Je ne suis pas une grande connaisseuse du domaine mais à mes yeux, l’œuvre est originale et plaisante à lire, une bonne approche de ce type de littérature. Un peu comme les Chair de Poule quand nous étions enfants quoi…

Une écriture moderne, fluide, sans accroche et qui arrive à se modifier selon les histoires et les situations, trouvant les mots justes. Je pense également que le fait que les nouvelles soient courtes, Sarah Cohen-Scali ne s’y perd pas, il n’y a pas de détails inutiles qui pourraient casser le style et l’ambiance. Là l’enchaînement se fait sans accrocs, « farpaitement, farpait ».

Il ne me reste plus qu’à trouver Mauvais Sang…

 

 

Auteur : Sarah Cohen-Scali

Titre : Mauvais Délires

Type : angoisse, fantastique

Catégorie : 15-18 ans

Broché : 183 pages

Editeur : Flammarion, collection Tribal

Année : 2008

 

 

Par Kakasha - Publié dans : Littérature
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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 11:17

Deux cierges pour le Diable, Laura Gallego Garcia

« De nos jours, plus personne ne croit aux anges, même s'il y a des gens qui croient aux démons. Pourtant les anges existent vraiment. Ils ont toujours existé. Comment je le sais ? Parce que mon père en était un. Avant d'être assassiné. Je n'ai désormais plus qu'une idée en tête : trouver le démon qui a fait ça et le tuer de mes propres mains. »


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Un roman espagnol pour cette fois. Anges et démons existent, ils habitent notre société, cohabitent avec les humains qu’ils protègent ou dévoient tout en continuant leur guerre multi-millénaire. Mais ces derniers ont perdu la mémoire : ils ne savent plus d’où ils viennent, si Dieu existe et leurs forces décroissent les empêchant de reprendre leur forme spirituelle. Cat (Caterina), moitié ange, a vu son père se faire assassiner par un démon pour une raison qu’elle ignore et a décidé de le venger. Mais l’allié qu’elle va se trouver sera Angelo, un démon qui s’ennuie. Très vite, le simple meurtre devient une affaire compliquée qui concerne les plus hauts démons et anges.

Eh oui, encore une fois une histoire d’anges et de démons ! Mais cette fois elle sort de l’ordinaire et met en place des personnages connus de la mythologie démoniaque et angélique sous un angle neuf : les archanges, Astaroth, Néribos, etc sont faibles, leur guerre n’est pas l’élément le plus déterminant et surtout, les anges sont en train de disparaître à cause de la Plaie, maladie apparentée à la dépression à cause de leur situation et de l’absence de Dieu. L’auteur nous explique les situations, l’histoire des deux « peuples » dans le détail, impliquant même l’histoire humaine dedans. Cette multitude de détail donnerait presque l’impression que c’est vrai.

L’absence de Dieu, c’est ce que je reproche principalement à ce livre : Lucifer existe, les démons aussi mais les anges disparaissent par ce que n’existent pas. C’est dommage de ne pas pousser le conflit au bout, de ne pas impliquer la toute puissance divine dans l’affaire. Mais l’impliquer aurait été une facilité pour l’auteur et aurait entraîné pas mal de question sur la destruction de la Création par les humains et sa « non-implication » dans l’affaire. La destruction de la Création est un thème très présent dans l’œuvre : l’environnement que les hommes n’ont jamais respecté. Face à cela nous découvrons un dilemme : les anges, chargés de protéger toutes les créatures animales et végétales, doivent-ils laisser les hommes détruire la Terre ou bien doivent-ils supprimer les hommes pour sauver ce qui reste ? Ecologie quand tu nous tiens…

Et puis la notion de bien et de mal est présente : anges et démons font le bien et le mal au final, sans pouvoir y échapper, sans le savoir même. Ce que l’on pense être bien fait peut être le mal et inversement. De même, Angelo le démon est un gentil dans les faits puisqu’il aide Cat dans sa quête, chose contraire aux démons. Ainsi de suite…

Je suis sûre qu’on pourrait trouver plein de critiques à faire sur ce roman mais il m’a plu. Le style d’écriture est léger, moderne et est agréable à lire. Nous sommes Cat, jeune fille de 16 ans, le langage choisi est donc moderne. Mais ça ne dérange pas, au contraire ça change de ces pseudo-livres où l’on trouve un retour à la grande littérature avec masse de termes difficiles (pour ne pas citer la série de Stephenie Meyer). De même, l’histoire est bien montée, on s’y plonge facilement et on veut connaître le fin mot de cette affaire qui s’obscurcie et dont on ne sait rien. Je ne vous dirai pas la fin mais elle vaut le coup, surtout parce qu’elle ne se finit pas totalement sur un happy-end romantico-pathétique. Et enfin, l’idée que l’homme soit issu tant de l’ange que du démon peut malheureusement affermir l’égo : nous ne sommes pas vraiment responsables de la destruction de la Création, c’est dans notre nature. Pour ça je suis un peu moins d’accord, ça enlève peut être le poids de la conscience mais merde quoi, nous sommes aussi responsables ! Vade retro soubressade !

Auteur : Laura Gallego Garcia

Titre : Deux cierges pour le diable

Type : policier, fantastique

Catégorie : 15-18 ans

Broché : 443 pages

Editeur : Baam !

Année : 2009

Par Kakasha - Publié dans : Littérature
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 17:02

 

rouge crime

Pérouse, 1316. Le jeune Silvano, fils noble est éperdument amoureux de la belle Angelica à qui il fait une cour courtoise digne d’un gentilhomme avec son ami Gervasio. Mais la dame est mariée à un riche marchand. Tout se complique pour notre jeune ami lorsque le mari est assassiné avec sa dague, ce qui l’accuse immanquablement. Pour le sauver, son père l’envoie se cacher dans un couvent franciscain de Giardinetto. Avec les religieux, Silvano va apprendre la vie monastique et l’art des couleurs en aidant Frère Anselmo à la fabrication des pigments pour les peintres travaillant à la fresque de l’église de Saint François d’Assise. Le roman se divise alors pour se pencher également sur Chiara, jeune fille de famille appauvrie qui se retrouve placée par son frère au couvent des clarisses situé à côté du monastère. Mais la mort rôde, des assassinats se produisent dans le monastère même. L’enquête commence.

 

Un roman jeunesse classique en somme : Moyen Age, meurtres, amour de jeunesse, mystère et une pointe d’histoire. Mais Mary Hoffman nous offre en plus de la culture tant sur l’art des fresques religieuses (procédés de fabrication, de pose et même lecture de celles-ci) que sur la vie religieuse dans un monastère et un couvent. Si l’on peut regretter l’absence d’index pour ces termes, parfois obscurs (frères lais, profès, convers, rappel des couleurs), l’action met bien en place l’ambiance monastique et l’art religieux. De plus, l’auteur est une spécialiste de l’histoire italienne, ce qui nous donne un roman sans incohérences historiques, non négligeable donc (surtout pour moi).

Mary Hoffman écrit bien, l’action coule seule même si on peut regretter des moments plus creux et des personnages qui se rencontrent sans qu’il y ait forcément de liens entre eux, ce qui perd un peu au début : qui est qui, elle ne s’appelait pas X ? Ah non, c’est l’autre. Quoiqu’il en soit, les personnages sont attachants, leur caractère est quelque peu classique mais on ne peut pas le reprocher à l’auteur, ils collent dans l’ambiance et l’action permet également de les découvrir progressivement et leur donne tout leur intérêt. Quant à l’action en elle-même, elle est simple mais efficace : des meurtres, des indices, des coupables désignés qui sont au final des innocents et bien sûr le coupable improbable. Avec pour seul bémol que le coupable tombe un peu comme un cheveu sur la soupe : on ne comprend pas forcément comment ils arrivent à la conclusion ni même les justifications des meurtres mais ils y arrivent et ça tient plus ou moins bien.

 

Un roman mitigé donc : bien écrit, sympathique à lire avec une action claire, un contexte historique assez original et des personnages frais. On ne peut pas dire que l’action soit prévisible, on arrive à se faire surprendre par ce qui arrive. Mais ça reste tiré par les cheveux pour ce qui est de la résolution de l’affaire.

Un Nom de la Rose pour enfant en somme.

 

Titre : Rouge Crime

Auteur : Mary Hoffman

Editeur : Flammarion

Broché : 387 pages

Année : 2009

Type : policier, historique

Catégorie : 15-17 ans

 

Par Kakasha - Publié dans : Littérature
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